Les canons à neige de plus en plus utilisés en moyenne montagne (ici dans les Alpes autrichiennes)
AFPLe Centre d’Etudes de
Le Centre d’Etudes de
-Pierre Etchevers : Sur les 50 dernières années, on a des données qui montrent une diminution de l’enneigement, avec cependant des différences selon les massifs. Cette diminution est surtout marquée en moyenne montagne, à
Et aux autres altitudes ?
-P.E : On a constaté qu’au dessus de
En moyenne montagne, la diminution de la couche de neige serait de quel ordre ?
-P.E : On a mesuré que sur 50 ans, l’épaisseur du manteau neigeux serait passé de 1,50m à 1,20m en moyenne. Ce sont des mesures que l’on a pu faire en se basant sur les données récoltées au Col de Porte, à
Comment expliquer ce recul ?
-P.E : Pour expliquer ce recul, il y a plusieurs explications possibles. Cela pourrait être du à un changement du niveau des précipitations. Or, on n’a pas constaté de baisse des précipitations. Il pleut ou il neige pareil. Ce qui a changé, c’est la hausse des températures de l’air. On estime que cette hausse des températures se situe entre 1,5 et 2,5° pendant l’hiver (de décembre à avril). Une augmentation des températures hivernales qui est plus forte dans le sud que dans le nord des Alpes.
-Cela se traduit comment ?
-P.E : Il tombe autant d’eau sur les massifs mais moins sous forme de neige à cause de la chaleur plus importante et la neige qui est tombée fond plus tôt qu'avant au printemps. En reprenant notre exemple du col de Porte, on constate que la période enneigée est passée de 6 à 5 mois. En revanche en haute montagne, il n’y a pas de diminution car l’environnement reste suffisamment froid et les précipitations se font toujours sous forme de neige.
Est-ce pour cela que l’on constate un recul des glaciers ?
-P.E : Entre l’étude de la neige et celle des glaciers, les choses sont un peu différentes. Les glaciers sont tributaires des températures aussi bien l’hiver que l’été. Si les glaciers reculent, c’est plus dû aux fortes températures estivales qui ont augmenté qu’à des modifications des manteaux neigeux.
Et pour l’avenir, comment voyez vous l’évolution ?
P.E : Nous ne pouvons travailler que sur des évolutions à 30 ou 50 ans. Sur 10 ans ce n’est pas possible. Pour pouvoir faire de la prospective, nous nous servons des études du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Si on prend comme hypothèse pour 2050 une hausse des températures de 2% et pas de changement du niveau des précipitations, on obtiendrait une diminution en moyenne montagne du manteau neigeux de 30% et une réduction de la saison d’un mois, avec seulement 4 mois de neige sur l’année. En haute montagne, en revanche, on verrait aussi des signes de changements, mais moins marqués.
Quelles conséquences, cela pourrait-il avoir pour le milieu de la montagne ?
-P.E : Cela aurait de multiples conséquences tant pour la faune que pour la flore. Mais aussi pour l’homme, en raison par exemple du changement de l’hydrologie… Cela aurait ainsi des conséquences sur l'économie avec par exemple la gestion des barrages, notamment. Des conséquences aussi sur l'érosion et les paysages.
Et pour l’économie locale ?
-P.E : Les stations de moyenne montagne se demandent déjà comment gérer ces éventuelles évolutions. Quels types d’investissements elles doivent faire. Comment gérer leur saison hivernale. Le Conseil général de l’Isère a mené une étude dans ce sens, tout comme l’Association des Elus de montagne.

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