Voulue par le Général De Gaulle, la nouvelle constitution reprend et met en forme les principes auxquels il tenait. Des principes qu’il avait évoqué à plusieurs reprises et qui pouvait se résumer ainsi : «donner à l'exécutif les bases nécessaires à son action et à sa durée» (Didier Maus). Pour cela, deux principes sont mis en avant: renforcement de l'exécutif avec le président de la République et contrôle accru du parlement avec un garde-fou, la création du Conseil Constitutionnel.
De Gaulle n'avait jamais caché son modèle politique: "C'est donc du chef de l'État, placé au-dessus des partis, élu par un collège qui englobe le Parlement mais beaucoup plus large et composé de manière à faire de lui le Président de l'Union française en même temps que celui de la République, que doit procéder le pouvoir exécutif", affirmait-il dès juin 1946 dans un discours tenu à Bayeux.
En clair, De Gaulle était opposé à ce qu'il appelait «le régime des partis» qu’il voyait à l’œuvre dans la IVe République. «Sous les régimes antérieurs, la réalité du pouvoir était attribuée par les groupes parlementaires, dans des coalitions changeantes. Le pouvoir y était instable, puisque les gouvernements étaient facilement mis en minorité au Parlement et contraints de démissionner, souvent à la moindre difficulté », explique le constitutionnaliste Guy Carcassonne. «Depuis 1958, et plus encore depuis qu'a été adopté, en 1962, le principe de l'élection présidentielle au suffrage universel, tout a changé : ce sont les Français eux-mêmes, désormais, qui choisissent qui va les gouverner. Ceux qu'ils ont ainsi désignés disposent du temps et des moyens d'agir. Puis, à la fin du mandat, ils sont de nouveau soumis à la sanction du suffrage universel», ajoute-t-il.
Dans la Constitution de 1958, le pouvoir exécutif est placé entre les mains du président, même si le principe d'un gouvernement et d'un premier ministre responsables devant l'Assemblée est conservé.
Dès la réforme de 1962, la présidentialisation ne se cache plus puisque les Français adoptent par référendum (après débats et vives polémiques) le principe de l'élection au suffrage universel du président de la République.
La primauté présidentielle n'est cependant pas absolue comme on a pu le voir plus tard. "Si le soutien parlementaire disparaît (comme, pour Mitterrand, entre 1986 et 1988 puis de 1993 à 1995, et pour Jacques Chirac en 1997), la primauté présidentielle disparaît purement et simplement, et le pouvoir passe à Matignon", notait Guy Carcassonne en 1999. Ces périodes de cohabitation n'avaient guère été envisagées lors des débuts de la Ve République. On ne commença à l'évoquer qu'en 1978, lorsque les législatives pouvaient amener une majorité de gauche au Président Giscard d'Estaing. "Vous pouvez choisir l'application du Programme commun. C'est votre droit. Mais si vous le choisissez, il sera appliqué. Ne croyez pas que le président de la République ait, dans la constitution, les moyens de s'y opposer", affirmait-il lors d'un discours à Verdun sur le Doubs.
Dans la Constitution, une série de dispositions vise à donner l'avantage à l'exécutif sur le parlement (droit de dissolution, ordre du jour, vote bloqué...). "Les procédures suppriment toute échappatoire, obligent les parlementaires à faire des choix clairs et décisifs, dont ils assument la responsabilité, et c'est en cela que le système est "rationalisé". C'est ce qui offre à la fois au Gouvernement sa stabilité et les moyens de conduire la politique qu'il juge bonne", analyse Guy Carcassonne.
Pour ce dernier: "Les Français, finalement, se montrent assez attachés à celui-ci, et c'est le plus bel hommage à lui rendre.
Il a permis de surmonter toutes les crises - Algérie, Mai 68 -, d'affronter toutes les situations - départ du Général de Gaulle, alternances, cohabitations... - et même les défauts techniques que présente la Constitution, souvent rédigée de manière obscure ou ambiguë, se sont finalement révélé être des qualités : en ne figeant pas le texte par avance, les interprétations variées qu'il autorise lui ont permis de s'adapter à des besoins changeants. Elle a ainsi démontré une grande et saine fermeté sur les principes, qui font qu'en dernière analyse la décision revient toujours au suffrage universel, en même temps qu'une grande et utile souplesse dans leur application".
Des éléments non constitutionnels, comme le mode électoral, pèsent aussi sur le fonctionnement des institutions.De plus outre la constitution elle-même, le préanbule et d'autres textes (déclaration des droits de l'homme) ont été considérés comme ayant valeur constitutionnelle.
La Constitution de 1958 a aussi montré une certaine souplesse en permettant des modifications. Via référendum ou le Congrès, elle a été réformée à 24 reprises.
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