Le PDJ, qui arrive au pouvoir après 54 ans dans l'opposition, a promis de vastes mesures sociales dont il a évalué le coût à 127 milliards d'euros par an à partir de 2012.
La question qui se pose est de savoir si ce nouveau gouvernement sera en mesure de tenir ses promesses.
Pas sûr. La dette publique représente aujourd'hui 170% du PIB; le taux de chômage est bas, 5,7% en juillet, mais en pleine explosion (3,7% en janvier) et le PIB a reculé de 6,2% en 2009.
Pourtant face à cette situation économique en pleine dégradation, le PDJ de Yukio Hatoyama a promis de ne pas augmenter les impôts alors que les recettes fiscales sont en berne depuis des années. La solution qu'il envisage pour financer son programme social ambitieux (allocations familiales, aides aux chômeurs, baisses d'impôts pour les petites entreprises, etc...) est de puiser dans ce qu'il appelle les "trésors cachés du budget" de l'Etat (participations dans des entreprises, parc immobilier, etc...). En parallèle à cela, le futur premier ministre a averti qu'il ferait la chasse aux gaspillages budgétaires, aux travaux publics prodigues et aux subventions clientélistes.
Enfin, le PDJ souhaite supprimer 2.700 milliards de niches fiscales. Somme qui paraît insuffisante pour financer son programme. De plus personne ne semble connaître le montant des fameux "trésors cachés" dont parle le PDJ. Il semblerait qu'une partie soit constituée de réserves astronomiques récolletées par le ministère des Finances en cas de hausse brutale des taux d'intérêts au Japon.
Un marché optimiste suite à cette élection
Le yen s'appréciait rapidement, lundi 31 août, face au dollar et à l'euro, atteignant son plus haut niveau face au dollar depuis sept semaines. Après un démarrage en fanfare, la Bourse de Tokyo a souffert de cette poussée de la devise japonaise qui nuit aux exportateurs. Le Nikkei a terminé en baisse de 0,40%, perdant 41,61 points à 10.492,53 points. En début de matinée, il avait bondi de 2,21% et atteint son plus haut niveau en séance depuis le début de 2009.
"Initialement, les marchés vont se sentir immensément soulagés que toutes ces incertitudes soient levées, et qu'au moins les deux chambres du parlement soient à nouveau dominées par un seul parti", a expliqué Noriko Hama, économiste à la Doshisha Business School de Kyoto. De même la hausse du yen "reflète l'optimisme entourant le nouveau pouvoir", jugent les économistes de Barclays Capital.
Selon Richard Jerram, économiste chez Macquarie Securities, "après la mauvaise gestion prolongée du PLD, la politique économique devrait prendre un tournant quasi-socialiste délibéré", prédit-il.
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