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© France 5De jeunes diplômés se déqualifient volontairement à l'instar de Yannick Miel qui s'est "soldé" sur Internet avant d'être contacté par le Haut commissaire aux solidarités actives et à la jeunesse, Martin Hirsch.
D'un sésame pour rentrer sur le marché du travail, le diplôme du supérieur est parfois devenu un accessoire voire un frein.
C'est le cas de Fatoumata, excédée. Lunettes discrètes, l'allure fine, cette titulaire d’un master de Communication d’une université parisienne ne trouve pas de poste même si les conseillers de l’Association Pour l’Emploi des Cadres lui soutiennent qu’elle a "un très bon CV". Et lorsqu’elle a une proposition, c’est pour des stages rémunérés 800€ alors qu’elle pourrait normalement toucher deux fois plus en CDI ou CDD. Les stages, elle n’en peut plus, elle en a déjà fait un alors après l’obtention de son diplôme en octobre dernier. Un stage qui n’a pas été reconduit en CDI comme cela avait été évoqué lors de son embauche.
"Trafiquer son CV" pour le revoir à la baisse
Pour survivre, la jeune femme de 23 ans fait de temps en temps des petits boulots à
Finalement que cela soit pour un emploi en lien avec ses études ou pour un job d’appoint, Fatoumata ne trouve pas. Alors elle pense "trafiquer son CV". Et la nouveauté est là : si d’habitude les chercheurs d’emploi étoffent leur CV en y ajoutant des expériences et compétences, Fatoumata, elle, pense faire régresser son CV, ne pas mentionner son Master. Une auto-déqualification volontaire pour laquelle elle va "encore attendre deux semaines". "De toute façon, on propose aux BAC+5 des postes de BAC+3, avec les mêmes rémunérations", ajoute-t-elle. De plus, la jeune chercheuse d’emploi qui vit en colocation ne peut compter sur une aide de sa famille, elle a six frères et sœurs.
Même déclassement pour Gwladys, grands yeux et longs cheveux bouclés, titulaire d'un master en ressources humaines de la Sorbonne. Cette jeune diplômée de 23 ans est en recherche d'emploi depuis deux mois. Pessimiste, comme beaucoup d'autres jeunes de la tranche 16-25 ans, elle ne voit pas le bout du tunnel et désespère déjà.
Les seules propositions qu'elle a eues concernaient des stages. "Rien pour des CDD ou des CDI", dit-elle d'une voix faible. Alors elle en vient à lorgner sur des annonces qui demandent des BAC+2 ou BAC+3. "Mais avec mon master en poche, les stages qu'on me propose sont les mêmes que j'ai fait en BAC+3 pour avoir ma licence. Comme si mes deux années d'études supplémentaires ne servaient à rien", enrage-t-elle. Et elle conclut : "Heureusement que mes parents m'aident, sinon je saurais pas comment faire".
Selon une étude du Cereq publiée en 2008, "posséder un diplôme de l’enseignement supérieur demeure un atout certain pour rentrer sur le marché du travail" mais ne rend pas les jeunes diplômés "insensibles aux aléas conjoncturels ".
Mais la conjoncture est telle que les jeunes diplômés ne trouvent ni job alimentaire ni postes pour lesquels ils ont fait leurs études. La situation est si morose que certains pensent à cacher ou oublier leurs diplômes comme si ces titres étaient devenus inutiles voire encombrants.
De la même façon que les jeunes diplômés sont obligés de baisser leurs prétentions salariales, ils se dévaluent et postulent pour des postes inférieurs à leurs compétences. Le phénomène de déclassement lors de l'entrée sur le marché du travail n'est pas nouveau mais semble se renforcer avec la crise.
Voir aussi "Jeunes diplômés: les clés pour trouver un emploi"
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