| Inquiétude d'APC Recrutement
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L'inquiétude de Driss Ait-Youssef est la même et use des mêmes mots : "Il ne faut pas que les jeunes des quartiers soient les laissés-pour-compte de la crise ", s'insurge-t-il. Une phrase qu’il confie avoir déjà déclaré à un journaliste du MEDEF bien avant que ne soit rendue publique cette note gouvernementale.
Mais pourquoi parler de "jeunes des quartiers"? "Parce que que l'on s'appelle Karim ou Jean-François, si on vient de certaines zones, on est pénalisé de la même manière", explique Driss Ait-Youssef. Voilà pourquoi, APC Recrutement lutte contre des discriminations géographiques, non ethniques, remarque-t-il.
Si ni le secrétariat à l'Emploi, ni le ministère du Travail, qui a la tutelle de la politique de la Ville, n'étaient en mesure de confirmer ces données révélées le 21 mars, pour le directeur d'APC Recrutement, un indicateur ne trompe pas : le site web du cabinet a été saturé au début mois de mars. A tel point, qu'il a du être hébergé sur un serveur aux capacités supérieures. " Le site ne marchait pas, il ne marchait plus ! ", s’exclame-t-il. " De plus, on reçoit beaucoup plus d’appels que d’habitude ".
Et il ajoute : "On sent bien qu’il y a plus d’inquiétudes de la part des jeunes des quartiers, et on est inquiet ".
"Les entreprises faisaient attention, elles le font beaucoup moins"
Les entreprises recrutent moins depuis le début de la crise, et cela va continuer en 2009. Leur délicatesse à l’égard de la promotion de la diversité et de l’égalité des chances va se réduire en même temps que leurs intentions d’embauches : "les entreprises faisaient attention, elles le font beaucoup moins ", déclare le directeur d’APC Recrutement.
Si les recruteurs sont plus frileux, leurs propositions d’embauche sont aussi moins alléchantes. " Alors qu’avant lors on avait pas mal de CDI et peu de CDD, là c’est l’inverse. Par exemple, on l’a vu lors des dernières rencontres, une grande entreprise italienne d'assurances a proposé des CDD alors qu’elle n’en a pas l’habitude, c’est signe que les entreprises sont en difficulté ", remarque Driss Ait-Youssef.
L’inquiétude concerne également le déclassement à l’entrée sur le marché du travail. Bien que ce phénomène soit courant, le directeur d’APC Recrutement redoute qu’il ne se renforce avec la conjoncture actuelle et que les diplômés " BAC+5 " des quartiers ne deviennent "chargés d’accueil en début de carrière lorsqu’avant ils étaient " chargés de clientèle ".
Les secteurs qui ouvrent leurs portes aux "jeunes des quartiers"
Les pratiques ne sont pas prêtes de changer dans des secteurs comme " la mode, les médias ", généralement peu sensibles aux démarches comme celles d’APC Recrutement, selon son directeur. " La crise ne va pas arranger les choses ", ajoute-t-il.
Toutefois, ce dernier tient à souligner les secteurs avec lesquels le cabinet a l’habitude de travailler : les banques, la finance, le commerce, l’assurance, la vente par correspondance, la logistique, l’industrie pharmaceutique. Il relève au passage que les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) continuent à recruter en cette période difficile.
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