Après 1968, l’écologie politique se développe dans le monde en général et en France en particulier. Dans notre pays, la présidence Pompidou et son discours productiviste et pro-automobile atteint ses limites avec le choc pétrolier de 1973 et les théories du Club de Rome sur les risques d’une croissance non maitrisée.
Sur le plan politique, pour la première fois lors de la présidentielle de 1974, un candidat se réclamant de cette mouvance, participe à l’élection. René Dumont, un agronome de 70 ans, marque le scrutin, avec son discours décapant et son pull rouge. Malgré une campagne considérée comme réussie, il n’obtient que 1,3% des voix.
En dépit de ce faible score, le mouvement est lancé et ne s’arrêtera plus. En 1981, le flambeau de la candidature écologiste est repris par Brice Lalonde qui obtiendra 3,4 % des voix (sans parler d’Huguette Bouchardeau).
Reste au mouvement écologiste à se structurer. Le courant est divisé. La stratégie politique pas encore définie. Son rapport aux autres questions sociétales et sociales pas fixé. Dans la foulée du congrès fondateur à Clichy (janvier 1984), les Verts obtiennent 3,4 % des voix aux européennes de 1984. Les élections municipales et européennes de 1989 voient une forte poussée des Verts (15% dans plusieurs villes et plus de 10% aux européennes). De 1000 adhérents en 1984, les Verts sont désormais 6000, avec un début de réel enracinement local.
La stratégie de « ni droite-ni gauche » de cette époque ne permet pas de dépasser le rôle de parti monothématique et, donc, protestataire. A l’issue d’un débat conflictuel, les Verts tranchent en 1993 en rompant avec le positionnement « ni droite-ni gauche », pour s’inscrire résolument dans le camp de la transformation sociale. Ce choix a un coût : les élections européennes de 1994 sont un désastre et, au milieu des années 1990, le nombre des adhérents a fondu de moitié, avec 3300 adhérents.
Encrés à gauche, les Verts évoluent entre échecs et demi-succès. A la présidentielle de 1995,
Dominique Voynet obtient 3,3% un score comparable à celui
obtenu par Waechter en 1988, qui symbolise une vision de droite de l’écologie. La politique d’alliance avec le PS permet pour la première fois aux Verts d’obtenir des députés et même des ministres (gouvernement Jospin de gauche plurielle).
En 2002, à la présidentielle, pour la première fois les Verts dépassent les 5% (au grand dam du candidat Jospin…) avec la candidature de Noël Mamère.
Entre temps, comme de nombreuses autres familles politiques, les écologistes se sont divisés sur le référendum de 2005 sur l’Europe, certains appelant à voter « oui », d’autres militant pour le « non ». Un vote interne chez les Verts donne une légère majorité au « oui ».
Très liés au PS, les Verts pâtissent des scores du parti dominant de la gauche. Le système électoral français (scrutin uninominal) rend difficile leur autonomie dans les scrutins nationaux (législatives notamment). Leurs tentatives de se présenter seuls ne sont pas des succès. A la présidentielle de 2007, le syndrome de 2002 et le vote utile provoquent l’échec de la candidature Voynet (1,5%). Aux municipales, là où les Verts ont voulu reprendre leur autonomie comme à Paris (où leur collaboration avec le PS avait pourtant bien fonctionnée), les scores sont plus que mitigés. (Scores à comparer avec ceux réalisés le 7 juin 2009 où Europe Ecologie devance largement le PS dans Paris…).
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