Photo prise durant la Première guerre mondiale de cadavres de soldats français
© AFPSuite aux deux guerres mondiales, les nations européennes décident de s'unir pour empêcher de nouveaux conflits d'éclater et faire face aux défis futurs.
C'est le début de la grande aventure européenne.
1945-1956 : les débuts de la construction
Du 7 au 10 mai 1948, différents mouvements d’opinion pro-européens se rassemblent lors du congrès de La Haye en présence de personnalités politiques et sous la présidence d’honneur de Winston Churchill. Objectif, promouvoir l’idée d’une unification du continent. Dès 1946, l'ancien Premier ministre britannique, avait déjà prononcé un vibrant plaidoyer en faveur des Etats-Unis d’Europe.
C'est la déclaration de Robert Shuman, ministre des Affaires étrangères français, le 9 mai 1950 qui est considérée comme le point de départ de la construction européenne. Au-delà du démantèlement du militarisme allemand, Robert Shuman estime qu'il faut établir des liens européens forts pour qu’une paix durable soit possible. Dans son discours du Salon de l'horloge au Quai d'Orsay, il reprend l'idée de Jean Monnet d'unifier les productions de charbon et d'acier sous une Haute Autorité supranationale.
Cette volonté se concrétise dans la signature du premier traité entre l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France, le 18 avril 1951, qui donne naissance à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), un interlocuteurs de poids. La Communauté représente en effet 160 millions d’habitants et une production de 210 millions de tonnes de charbon et 33 millions de tonnes d’acier. En mettant en commun leur production de charbon et d’acier, la France et l’Allemagne substituent ainsi la solidarité d’intérêts à la rivalité, cinq ans après la fin de la guerre. Autre fait marquant : l'organisation innove en optant pour un mode de gestion supranational.
25 mars 1957: signature des traités de Rome
Pour Jean Monnet, les Européens doivent s’unir au sein d’une communauté atomique qui les conduira vers l’autosuffisance énergétique. De leur côté, les partenaires de la France sont plutôt favorables à la création d’un marché commun. Afin de concilier tous les intérêts, deux traités distincts sont signés à Rome, l’un portant sur la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom), l’autre instituant la Communauté économique européenne (CEE).
30 juillet 1962 : lancement de la PAC
A la demande de la France, le Néerlandais Sicco Mansholt est chargé de réfléchir à la mise en place d’une politique agricole commune basée sur trois principes : unicité des marchés, préférence communautaire et solidarité financière. Au bout de quatre ans de négociations, le vice-président de la Commission parvient à dégager les grandes lignes de la PAC.
Juillet 1965 début de la "crise de la chaise vide"
En 1965, la Commission européenne propose une réforme du financement de la politique agricole commune, laquelle devait par ailleurs être arrêtée à la majorité qualifiée à partir du 1er janvier 1966. De crainte d’être mise en minorité, la France condamne fermement cette orientation et boycotte les institutions communautaires pendant sept mois. Cette crise prend fin avec le "compromis de Luxembourg" du 29 janvier 1966, qui permet à chaque pays membre de s'opposer à une décision communautaire prise à la majorité s'il estime que ses intérêts nationaux sont gravement menacés.
1er juillet 1968 : entrée en vigueur de l'union douanière
Les droits de douane entre les Six sont éliminés, 18 mois avant la date prévue par le traité de Rome. Un tarif douanier commun est introduit en remplacement des droits de douane nationaux pour les échanges avec le reste du monde. A la fin des années 60, pour éviter les divergences monétaires provoquées par des réponses politiques nationales, les Six conviennent d’un plan par étapes pour créer une union économique et monétaire européenne.
Trois ans plus tard, l’allemand Karl Schiller élabore un système destiné à réduire les fluctuations monétaires entre les Six, l’ancêtre lointain de l’euro, le "serpent monétaire européen" (24 avril 1972).
Premiers élargissement des Communautés
En 1971, après deux refus de la France qui redoute un affaiblissement des Communautés, le Royaume-Uni voit enfin s’ouvrir les portes du marché commun. Il y est officiellement admis le 1er janvier 1973, en compagnie de l’Irlande et du Danemark.
9 et 10 décembre 1974 : sommet de Paris
A l’invitation de Valéry Giscard d'Estaing, récemment élu président de la République française et sur fond de crise énergétique, les chefs d’Etat ou de gouvernement des Neuf se réunissent à Paris. Résultat, le sommet de Paris institue en marge des traités communautaires le Conseil européen. Désormais, les dirigeants européens se rencontreront au moins trois fois par an pour déterminer ensemble les grandes orientations politiques.
Le principe de l’élection du Parlement européeen au suffrage universel est adopté. Par ailleurs, les Neuf confient au belge Léo Tindemans la mission de réfléchir à la création d’une Union européenne qui dépasserait le stade de l’intégration économique.
7 juillet 1978 : le système monétaire européen
A la fin des années 70, le "serpent monétaire européen" est pratiquement au point mort. Persuadé qu’il faut absolument limiter les fluctuations entre les monnaies pour relancer l’économie européenne, le couple franco-allemand décide de créer un nouveau système monétaire, assez proche du "serpent" dans son fonctionnement, ouvert à tous les Etats de la Communauté : le système monétaire européen (SME). En 1983, François Mitterand prendra la décision cruciale de maintenir la France au sein du SME, marquant ainsi son ancrage européen.
10 juin 1979 : première élection du Parlement européen au suffrage universel direct
Le taux de participation dans l’ensemble des pays membres dépasse à peine les 40%. Simone Veil est portée à la tête de cette toute jeune institution, peu structurée et qui ne dispose pas de beaucoup de pouvoir. La nouvelle légitimité démocratique va cependant lui d’accroître rapidement ses compétences.
Le 1er janvier 1981, la Grèce devient le dixième membre des Communautés européennes, 6 ans après avoir déposé sa candidature (1975), le temps de rattraper son retard économique
14 juin 1985 : signature de l’accord de Schengen
Au début des années 80, les pays du Bénélux, où les déplacements sont déjà libres, proposent à la France et à l’Allemagne de mettre en place graduellement un espace de libre circulation des personnes. L’accord entre les cinq pays est conclu le 14 juin 1985 dans la petite ville luxembourgeoise de Schengen. Il sera par la suite intégré aux traités communautaires et étendu aux autres Etats membres.
Le 1er janvier 1986, l’Espagne et le Portugal rejoignent la CE.
17 février 1986 : signature de l’Acte unique européen
Les Douze décident de réviser le Traité de Rome établissant la Communauté économique européenne. Le fonctionnement des institutions est modifié : le vote à la majorité qualifiée au Conseil de l’UE est généralisé pour toutes les questions touchant au marché intérieur. Le rôle du Parlement européen est renforcé.
7 février 1992: signature du Traité de Maastricht
Au début des années 90, deux conférences intergouvernementales (CIG) sont menées en parallèle, l’une sur un projet d’union politique, l’autre sur une union économique et monétaire en vue de l’adoption d’une monnaie commune. Cela aboutit à la signature du traité de Maastricht sur l’Union européenne (entrée en vigueur le 1er novembre 1993). Il institue une citoyenneté européenne et une politique extérieure et de sécurité commune et pose les étapes du calendrier qui doit aboutir à la création d’une monnaie unique. En France, la ratification de ce traité donne lieu à un référendum, organisé le 20 septembre 1992 : victoire de justesse du "oui" à 51,04 %.
1er janvier 1995, l’Autriche, la Finlande et la Suède intègrent à leur tour l’Union européenne
2 octobre 1997 : signature du Traité d’Amsterdam
Il entérine l'institution d'un Haut-représentant pour la PESC et l'entrée dans le champ communautaire des questions de visas, asile et immigration. Il accorde une attention particulière aux citoyens européens, consacrant l’importance des droits de l’homme pour l’UE, la lutte contre le chômage et le rôle des services d’intérêt économique général.
26 février 2001 : signature du Traité de Nice
Le Conseil européen de Nice de décembre 2000 aboutit à un compromis jugé insuffisant et trop complexe par la quasi-totalité des délégations.
1er janvier 2002: l’euro pour tous
Suite au Traité de Maastricht, les douze Etats membres de l’Union économique et monétaire adaptent leurs économies aux "critères de convergence" : maîtrise de l’inflation, équilibre budgétaire, limitation des déficits publics, stabilité des taux de change entre les pays. Le 1er janvier 1999, l’euro est officiellement adopté comme unité de compte et e 1er janvier 2002, il devient la monnaie des consommateurs.
Le 1er mai 2004, l'UE connait son plus important élargissement avec dix nouveaux membres: Chypre, l’Estonie, la Hongrie , la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie et la Slovénie. La Roumanie et la Bulgarie devront attendre 2007 pour rejoindre les Vingt-Cinq.
13 décembre 2007 : Signature du traité de Lisbonne
Pour tenter de sortir de l'impasse institutionnelle provoquée par les rejets français et néerlandais, les Chefs d'Etats ou de gouvernement approuvent, lors du Conseil européen informel des 18 et 19 octobre 2007 un "traité modificatif" ou "simplifié". Il instaure l'élection du Président du Conseil européen pour deux ans et demi, renouvelables et l’extension des pouvoirs du Parlement européen.
L'entrée en vigueur du traité était prévue pour le 1er janvier 2009 à la suite de la ratification des 27 Etats membres. Les Etats ont choisi une ratification par le parlement national plutôt qu'un référendum. Tous, sauf un : l'Irlande, obligée par sa Constitution d’organiser une consultation populaire. Le référendum se solde par un rejet des irlandais.
Le futur de l'élargissement
Les négociations d’adhésion avec la Croatie et la Turquie ont démarré le 3 octobre 2005. Les secondes avec ont été partiellement suspendues en décembre 2006, la Turquie n’ayant pas mis en œuvre de manière complète le Protocole d’Ankara qui étend l’Union douanière aux Etats devenus membres en 2004 et notamment à la république de Chypre.
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