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G8

09/07/2009 | 23:57

G8: Ban Ki-moon juge les résultats insuffisants

- Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon à Aquila, Italie pour le G8 - AFP -

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon à Aquila, Italie pour le G8

© AFP

Le secrétaire général de l'ONU déplore l'insuffisance des résultats des discussions sur le climat à Aquila

"Les dirigeants du G8 avaient une occasion unique qui risque de ne plus se  représenter", a-t-il poursuivi, en regrettant l'absence d'engagement à moyen  terme.

"Il se  félicite néanmoins de l'objectif du G8 de réduire de 80% les émissions des pays industrialisés d'ici 2050", a insisté son porte-parole, Yves Sorokobi.

"Nous avons besoin d'un objectif à moyen terme pour nous assurer que nous  sommes sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de 2050", a souligné M. Ban dans sa déclaration.

Il indique "comprendre la pression politique qui pèse sur les dirigeants  mais les évidences scientifiques (du réchauffement) nous montrent que nous  devons agir rapidement".

Pour le secrétaire général de l'ONU, le sommet qu'il organise en septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, sera "l'occasion de la  dernière chance". M. Ban considère "qu'il y va de l'autorité morale de la communauté  internationale et de l'ONU et de son autorité personnelle compte tenu de son  engagement sur le climat", a ajouté le porte-parole.

Néanmoins, il "refuse de considérer la possibilité d'un échec à Copenhague", où doit être conclu en décembre un nouvel accord climatique multilatéral, sous  l'égide de l'ONU.

Obama et les propositions contre le changement climatique
Jeudi, le président Barrack Obama a annoncé que le G8 a chargé ses ministres d'émettre des propositions sur le financement de la lutte contre le changement climatique lors du sommet du G20 en septembre à Pittsburgh (Etats-Unis). 

"Il nous faut aider les pays les plus affectés (par le réchauffement) à s'adapter et en particulier ceux qui sont le moins à même de le faire faute de ressources", a-t-il estimé. Le moyen sera de "leur apporter une aide financière significative", a-t-il ajouté.

 

Si aucun engagement chiffré n'a été pris par les pays industrialisés sur l'aide à l'adaptation et au financement de la lutte contre l'effet de serre dans les pays en développement, ces derniers comptent que cette initiative verra le jour lors du futur accord climatique qui doit être conclu en décembre à Copenhague.

Climat, thème central de ce G8
Mercredi, les huit pays les plus industrialisés (Etats-Unis, la Russie, le Japon, le Canada, la France,  l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie) avaient déjà abordé la question climatique non sans contradictions.


Selon un diplomate européen, les principales économies de la planète, responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre, se sont aussi  ralliées à la limite maximale des 2°C de réchauffement, adoptée mercredi par le  G8. Cette limite de 2°C pourrait être reprise dans le futur accord mondial de  lutte contre le réchauffement qui sera négocié en décembre à Copenhague sous  l'égide de l'ONU. Ils se sont également engagés à diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre "d'ici à 2050 par rapport à 1990 ou une année plus récente" et de "80 % ou plus" celles des pays industrialisés. But: limiter le réchauffement global à 2°. Mais dans le même temps, le principal conseiller économique du président russe Dimitri Medvedev a jeté un froid sur cet engagement: il a ainsi affirmé que l'objectif de 80 % de réduction des objectifs était "inacceptable" alors que son pays venait de signer la déclaration commune...

Dans le même temps, les discussions avec les émergents risquent d'être tendues car le Forum des principales économies (MEF), qui associe le G8 et les grands pays émergents, refuse pour l'instant d'adopter toute référence chiffrée. Le départ précipité mardi du président chinois Hu Jintao en raison des émeutes dans la région du  Xinjiang laisse peu de place à de nouvelles ambitions. La Chine est passée en  2008 au premier rang des pollueurs.

Les pays dits "émergents" n'entendent pas se laisser faire. "C'est  important d'accorder des moyens mais c'est encore plus important de tenir ses promesses", a fait valoir le président mexicain, Felipe Calderon, à propos de la crise économique. Certains pays riches espèrent "seulement que la crise se termine pour au final ne rien changer", a renchéri sur le même sujet le dirigeant brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, sans les citer.

La journée de mercredi au G8
Les huit pays les plus industrialisés ont fait preuve de prudence sur la situation économique internationale. "Alors qu'il existe des signes de stabilisation, et notamment une reprise des marchés boursiers, une diminution des écarts sur les taux d'intérêt et une reprise de la confiance des entreprises et des consommateurs, la situation reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière", lit-on dans le communiqué final.

L'Allemagne a demandé à ses partenaires d'exprimer leur volonté de mettre rapidement de l'ordre dans leurs comptes publics. Mais les Etats-Unis, le Grande-Bretagne, le Japon ou encore la France préfèrent pour l'instant insister sur la reprise en tant que telle plutôt que de s'inquiéter du coût des mesures favorisant cette reprise.

Les membres du G8 ont par ailleurs exprimé leur "profonde préoccupation" face aux violences récemment intervenus en Iran. A leurs yeux, la situation post-électorale doit être réglée "par le dialogue démocratique" et "dans le respect de l'état de droit.

Concernant "la question du programme nucléaire iranien", ils se sont dits "déterminer à trouver une solution diplomatique". "La réunion du G8 en marge de la séance d'ouverture de l'assemblée générale des Nations unies en septembre prochain sera l'occasion de dresser le bilan de la situation", ajoutent-ils. Réunion qui précédera le sommet du G20 le 24 septembre à Pittsburgh.

Les dirigeants du G8 feront alors le point sur les avancées éventuelles ou l'absence d'avancées concernant le dossier du nucléaire, a déclaré le président Nicolas Sarkozy. "S'il n'y en pas, nous serons amenés à prendre des décisions", a ajouté le locataire de l'Elysée. Ce qui pourrait signifier un renforcement des sanctions internationales contre la République islamique.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs exigé que l'étudiante française Clotilde Reiss, emprisonnée à Téhéran et accusée d'espionnage, devait être "libérée sur le champ" (lire l'article Française emprisonnée à Téhéran). A ses yeux, le G8 a dénoncé les
"méthodes de chantage" de Téhéran.

Le G8 s'est également engagé mercredi à respecter ses promesses d'augmenter l'aide publique au développement en faveur de l'Afrique et d'accroître "avec d'autres donateurs" de 25 milliards de dollars par an cette aide sur la période 2004-2010.

Lire aussi:
>>Française emprisonnée à Téhéran

 
Les pays émergents veulent plus que des promesses

Les pays émergents regroupés au sein du  G5 (Brésil, la Chine,  l'Inde, le Mexique et l'Afrique du Sud) ont demandé mercredi à ceux du G8 - à savoir les plus riches - de tenir leurs  promesses en matière de soutien au commerce international et de lutte contre le  protectionnisme pour faire face à la crise.

"C'est important d'accorder des moyens mais c'est encore plus important de  tenir ses promesses", a affirmé le président mexicain Felipe Calderon au cours  d'une conférence de presse en marge du sommet du G8.

"Nous sommes préoccupés par la question de l'utilisation des ressources pour  rétablir les flux internationaux du crédit, particulièrement dans les pays en  développement où le crédit et l'investissement ont été significativement réduits par la crise", a ajouté le dirigeant mexicain, dont le pays a particulièrement  souffert de la crise aux Etats-Unis. Il s'est également inquiété de "la résurgence du protectionnisme" qui  "empêche la reprise", mais sans toutefois donner d'exemples précis.

Le président sud-africain Jacob Zuma a pour sa part appelé au cours d'une  conférence de presse des pays du G5 à "une réforme rapide des institutions de Bretton Woods pour assurer la représentation des pays en développement".

Luiz Inacio Lula da Silva, le dirigeant brésilien, a exprimé sa méfiance à l'égard de certains pays riches qui espèrent "seulement que la crise se termine pour au final ne rien changer".

Dans une déclaration publiée à l'issue de leur réunion en marge du sommet du G8, les pays du G5 ont fait part de "leur inquiétude devant l'état actuel de l'économie mondiale, qui soumet les pays en développement à un fardeau excessif  résultant d'une crise qu'ils n'ont pas provoquée".

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