Nicolas Sarkozy salue la foule après son discours de Rethel (Ardennes), le 28 août 2008
© AFP - Gérard CerlesL'UMP a salué le "volontarisme" du chef de l'Etat, alors que la gauche fustige des "promesses verbales" et les syndicats de disent déçus. Tandis que pour la presse, Nicolas Sarkozy se montre pragmatique.
Nicolas Sarkozy a annoncé, mardi à Rethel (Ardennes), 100.000 contrats aidés supplémentaires pour 2009.
Le plan Sarkozy
L'hôte de l'Elysée a demandé au gouvernement "d'augmenter à 330.000 le nombre d'embauches dans ces contrats dans le projet de loi de finances pour 2009, soit 100.000 de plus que ce qui était prévu".
Bercy a estimé la mise en oeuvre de ces 100.000 contrats aidés supplémentaires à 250 millions d'euros en 2009, sans alourdir le déficit. Parmi le volet de mesures censées protéger l'emploi en cette période de crise, Nicolas Sarkozy a promis des "guichets uniques" pour les chômeurs "dès l'été prochain".
Le chef de l'Etat a donc confirmé son ambition d'"accélérer" la réforme du service public de l'emploi, qui passe par la création du Pôle emploi née de la fusion ANPE-Assedic, qu'il juge "cruciale pour en finir avec la course d'obstacles si souvent associée à la recherche d'emploi". "Dès l'été prochain, il ne doit plus exister en France que des 'guichets uniques' et dès septembre prochain, l'entretien unique doit être généralisé", a-t-il spécifié.
Les autres mesures annoncées concernent l'extension du contrat de transition professionnelle (CTP), une réflexion sur le travail dominical et la sécurité sociale professionnelle.
Nicolas Sarkozy présentait mardi matin des mesures visant à amortir les effets de la crise financière sur l'emploi, présentées comme la "3e étape" du plan anti-crise, après les aides aux banques et entreprises. Ces mesures pour les salariés étaient très attendues, à deux jours de la publication du nombre de demandeurs d'emplois en septembre. En août, les chiffres du chômage avaient amorcé une forte remontée (41.000 demandeurs enregistrés en plus).
Même si son entourage avait réfuté l'expression "plan emploi", l'Elysée avait confirmé que Nicolas Sarkozy évoquerait à Rethel le "traitement social du chômage" ou la "sécurité sociale professionnelle".
Coup de pouce aux contrats aidés
Comme prévu, Nicolas Sarkozy a donc officialisé la relance des contrats aidés. Il a annoncé quelque 100.000 contrats aidés supplémentaires pour 2009. Ce qui signifie que le gouvernement a été chargé "d'augmenter à 330.000 le nombre d'embauches dans ces contrats dans le projet de loi de finances pour 2009, soit 100.000 de plus que ce qui était prévu (...) Mais je ne veux pas que, comme on le fait depuis des années, on renvoie à la fin du contrat les personnes à la case départ, le RMI ou le chômage", a-t-il poursuivi. "Je demande donc à Laurent Wauquiez de préparer un plan d'action et de veiller à ce qu'une véritable offre de services soit destinée aux bénéficiaires de contrats aidés, en cours même de contrat, pour leur donner le maximum de chances d'obtenir à la sortie un emploi dans une entreprise."
Le renforcement des contrats aidés, largement financés par l'argent public, que le gouvernement jugeait jusque-là peu efficaces, devraient permettre, selon le Premier ministre François Fillon, de servir d'"amortisseurs" à la crise. Leur "coût budgétaire incontestable" sera inclus "dans une loi de finances rectificative", avait fait savoir l'Elysée.
"Les contrats aidés, c'est bien un coût pour le budget de l'Etat", a précisé mardi l'entourage du ministre du Budget, Eric Woerth. "Il est évalué à environ 250 millions pour les 100.000 contrats supplémentaires l'an prochain et il y aura un amendement au projet de loi de finances", selon Bercy.
Débat relancé sur le travail du dimanche
Nicolas Sarkozy a demandé aux parlementaires de se saisir "maintenant" et "sans tabou" d'une proposition de loi "qui a été préparée" sur le travail dominical. "Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche ?", a-t-il demandé lors de son discours de Rethel. Selon lui, le travail dominical, "c'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir d'achat en plus, et les autres pays le font (...) Une proposition de loi a été préparée. Il faut que les parlementaires acceptent maintenant de s'en saisir sans tabou."
Le contrat de transition professionnelle sera "étendu"
Nicolas Sarkozy a indiqué que l'expérimentation du Contrat de transition professionnelle (CTP), lancée en 2006 pour aider les licenciés économiques à se reclasser, serait étendue aux "bassins d'emploi qui seront les plus touchés par des difficultés économiques". Il souhaite donc que le gouvernement "examine immédiatement la généralisation d'un dispositif qui s'inspirerait du contrat de transition professionnelle, en dialogue avec les partenaires sociaux, pour remplacer la convention de reclassement personnalisée, qui ne marche pas".
Sécurité sociale professionnelle: Sarkozy promet du concret
Le Président s'est engagé à prendre des "décisions pour la fin de l'année" afin de mettre sur pied une sécurité sociale professionnelle. "Pour promouvoir l'emploi d'aujourd'hui, il nous faut tout à la fois créer une véritable sécurité sociale professionnelle, en sécurisant mieux les parcours professionnels et proposer des solutions immédiates et concrètes aux situations difficiles qui vont se présenter sur le terrain."
Travail à domicile: mesure fiscale
Le chef de l'Etat a évoqué, mardi à Rethel, la possibilité de mettre en place une avance sur le crédit d'impôt dont bénéficient les employeurs de salariés pour des services à domicile. "Dans le champ des services à la personne, il existe aussi des freins à faire sauter. Certains ménages renoncent à recourir à ces services car cela constitue une charge immédiate lourde, qui ne leur est remboursée que l'année suivante sous forme de crédit d'impôt", a déclaré le chef de l'Etat. "Je demande qu'on envisage d'aider ces ménages en leur consentant une avance sur ce crédit d'impôt."
Chômage: simplifier l'indemnisation
Nicolas Sarkozy a proposé de "simplifier les filières d'indemnisation" des chômeurs, avec la mise en place d'une "filière unique" qui permettrait aux demandeurs d'emploi, après six mois de cotisations, "d'accumuler progressivement des droits".
Une mise en garde aux entreprises
Nicolas Sarkozy a assuré que le gouvernement serait "intraitable" envers les entreprises qui utiliseront la crise pour justifier des réductions d'effectifs "qui n'ont rien à voir avec elle" : "J'en profite pour dire aux entreprises, à toutes les entreprises, que je n'accepterai pas les stratégies cyniques et opportunistes", a averti le président de la République.
Réunion dans un mois avec les partenaires sociaux
Nicolas Sarkozy a précisé qu'il organiserait une réunion "dans un mois" avec les partenaires sociaux pour faire le point sur l'ensemble des négociations sociales qui doivent impérativement se conclure "avant la fin de l'annnée".
Les syndicats attendaient sans grande illusion ce nouveau plan, qui ne remettra pas en cause, selon eux, une politique gouvernementale défavorable aux salariés.
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