EPAD: Jean Sarkozy se défend - Présidence de La Défense

Présidence de La Défense

14/10/2009 | 12:54

EPAD: Jean Sarkozy se défend

- Jean Sarkozy sur le plateau de France 3 Ile-de-France (13/10/2009) - France 3 -

Jean Sarkozy sur le plateau de France 3 Ile-de-France (13/10/2009)

© France 3

Le fils du président a réagi, mardi soir sur France 3-Ile de France, à la polémique suscitée par sa promotion annoncée

"C'est sur les actes, sur le fond, que je demanderai à être jugé et je rendrai des comptes sur ce que j'aurai réalisé si les gens me font confiance", a-t-il plaidé.

Agé de 23 ans, il a ajouté que sa possible accession à la tête de Etablissement public d'aménagement de la Défense (EPAD) ne relèverait pas d'une "nomination" mais de trois "élections".

A seulement 23 ans, il a été désigné le 8 octobre par la majorité UMP-Nouveau centre du conseil général des Hauts-de-Seine pour prendre la tête de l'Epad. Il devrait faire son entrée au conseil d'administration de l'Epad le 23 octobre et pourrait être élu président le 4 décembre en remplacement de Patrick Devedjian, 65 ans, atteint par la limite d'âge.

L'accession de Jean  Sarkozy à ce poste clef lui donnerait la haute main sur l'urbanisation du premier quartier d'affaires d'Europe. Vitrine économique de la France, la Défense accueille déjà 2500 sièges sociaux et 150.000 salariés sur 3 millions de mètres carrés de bureaux et doit s'élargir à un autre établissement public, l'EPASA, qui chapeaute une partie du territoire de Nanterre, chef-lieu des Hauts-de-Seine géré par la gauche.

Malaise à droite
L'arrivée annoncée de Jean Sarkozy à la présidence du quartier d'affaires des Hauts-de-Seine suscite depuis plusieurs jours une vague de protestation dans l'opposition, et des critiques ironiques dans la presse internationale. Une vague qui a atteint la majorité.

Interviewé mercredi matin sur France 2, le président UMP du Sénat, Gérard Larcher, a déclaré qu'il y "aurait peut-être d'autres candidats" que le fils du chef de l'Etat à la présidence de l'EPAD. De son côté, le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, a fait part de la préférence de son groupe pour le maintien de Patrick Devedjian à la tête de l'EPAD jusqu'au terme de son mandat (en 2011).

Quant aux députés UMP, nombre d'entre eux ont exprimé mardi leur agacement sur cette affaire, à moins de six mois des régionales, alors que leurs ténors balaient les accusations de "népotisme" et de "berlusconisation".

"La candidature de Jean Sarkozy à l'EPAD", l'établissement public qui gère la Défense, "est inopportune", explique Jacques Myard. "Le fossé se creuse entre la France d'en haut et la France d'en bas, mais visiblement, à Paris, on s'en fiche", renchérit Christian Vanneste.

Le très placide Pierre Cardo a carrément mis les pieds dans le plat devant le groupe UMP, évoquant l'impact probable, selon lui, de "l'affaire de l'EPAD" sur le second tour, dimanche, de la législative partielle de Poissy (70 % d'abstention au premier tour dimanche 11 octobre) où l'ex-judoka David Douillet tente de garder le siège à l'UMP.

Craignant de ne plus pouvoir tenir ses troupes, le patron des députés du parti majoritaire, Jean-François Copé, qui se targue d'habitude de garantir la liberté de parole, a sifflé la fin de la partie en appelant à ne pas s'attarder sur "l'écume de l'actualité". En privé, un responsable parlementaire juge "catastrophique"  l'"accumulation d'affaires" pour l'électorat de droite. "On a tort de  sous-estimer [toute cette affaire]. Cela risque de marquer fortement le quinquennat", regrette ce proche de Jean-François Copé, qui redoute déjà "le résultat des régionales".

Jean Sarkozy a été défendu par le premier ministre, François Fillon. "Jean Sarkozy a été élu, d'abord, par les électeurs des Hauts-de-Seine, et ensuite par ses pairs, pour devenir le chef de la majorité du conseil général  des Hauts-de-Seine. Et maintenant, il est désigné (par cette collectivité) pour prendre la présidence de l'Epad", a insisté François Fillon, ajoutant: "c'est une élection".

"Où est le problème? Il a été élu par le peuple conseiller général, président de son groupe par des conseillers généraux, il sera vraisemblablement élu par le conseil d'administration de l'Epad, cela s'appelle la démocratie", a défendu le ministre du Travail, Xavier Darcos. Il a dénoncé un "climat délétère et répugnant qui cherche à cibler les personnes au lieu des sujets, souvent d'ailleurs alimenté par l'extrême-droite".

Mais le PS ne l'entend pas de cette oreille. Les secrétaires nationaux Marianne Louis (politique de la ville) et André Laignel (Aménagement du territoire) ont demandé à Nicolas Sarkozy et à l'UMP "d'abandonner ce projet funeste qui fait déjà de la France la risée des démocraties".

La première secrétaire Martine Aubry a dénoncé "la poursuite de la reprise en main par l'UMP de la région Ile-de-France" et son prédécesseur François Hollande a exprimé sa tristesse de voir le monde regarder la France "avec dérision, avec amusement et avec sarcasme".

La prestation télévisée de Jean Sarkozy
Le fils de Nicolas Sarkozy a énuméré sur France 3 les scrutins qui justifient, selon lui, sa candidature à la tête de l'EPAD: "Election par les élus UMP-Nouveau Centre au sein de mon groupe, élection par l'ensemble de l'Assemblée départementale, élection enfin par le France 3conseil d'administration de l'Epad. Jamais, depuis le début de mon parcours politique, je n'aurai été nommé, je tire ma légitimité de l'élection et du suffrage universel", a-t-il martelé dans un style rappelant de manière troublante celui de son père.

"Les attaques et les critiques, elles font partie du jeu politique", a encore commenté Jean Sarkozy. "C'est vrai que ce n'est pas forcément le moment le plus agréable depuis que je me suis engagé dans le combat politique", a-t-il concédé avant d'affirmer son "envie d'agir" et "d'expliquer" sa candidature, déterminé à aller jusqu'au bout. Le fils du président a balayé les questions sur sa jeunesse et son inexpérience, lui qui n'est entré en politique que depuis deux ans. "Est-ce que vous pensez que je me suis tourné les pouces depuis deux ans ? Depuis deux ans je travaille douze heures par jour, j'anime des permanences, je suis à la fois sur le terrain et sur le fond", a-t-il plaidé, avant d'énumérer ses différentes expériences dans la vie publique.

>> Jean Sarkozy dans l'édition régionale du 19/20 mardi soir sur France 3 Paris Ile-de-France (lien du JT ; le dossier Epad démarre à 7mn 50, l'interview à 11mn 18)

 

Sarkozy père au secours de Sarkozy fils
Nicolas Sarkozy a jugé mardi sans fondement et excessive la polémique sur son fils Jean. "Tout ce qui donne en pâture une personne, sans fondement et de façon excessive, c'est toujours pas bien, ce n'est jamais bien." Le projet d'élection de son fils comme président de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense (EPAD) continue de susciter des remous dans l'opposition qui y voit un cas flagrant de népotisme.

"Vous suivez les polémiques et parfois vous les précédez mais je dois suivre mes réformes et résoudre les problèmes", a dit le chef de l'Etat en marge de la présentation de sa réforme du lycée.

La réaction des ténors de l'UMP 
- Pour le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, Jean  Sarkozy tient sa "légitimité" de son élection au conseil général des Hauts-de-Seine.

- Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre y a ajouté deux autres légitimités: "la majorité au Conseil général a choisi de le prendre comme président de groupe et cette majorité a considéré qu'il était le meilleur candidat" pour diriger l'EPAD.

- "Ce n'est pas parce qu'il est le fils du président qu'il est là, c'est parce qu'il a le talent pour le faire", a abondé le député-maire de Levallois Patrick Balkany. Sentiment partagé par l'ancien président du département, Charles Pasqua, qui l'a jugé "parfaitement apte" à des responsabilités importantes.

Tollé à gauche et au centre
- "Il ose tout. Après, tout le monde plie parce qu'il a le nom qu'il a", a estimé la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot

- Le président du MoDem François Bayrou y voit "l'un des signes que tous les piliers solides sur lesquels notre pays s'était construit, en termes de principes, de décence, de raison, chancellent et s'effritent". 

- Le maire communiste de Nanterre (Hauts-de-Seine) Patrick Jarry déplore une "politique du deux poids, deux mesures": "Nous sommes revenus aux heures les plus sombres du RPR", dit-il. "La Défense, c'est une chasse gardée élyséenne, comme si c'était le coeur nucléaire de l'UMP."

- Le président socialiste de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon : "Moi, j'ai un fils qui a deux ou trois ans de plus que Jean Sarkozy, je ne sais si je lui aurais confié des responsabilités aussi importantes". 

- Ségolène Royal: "Ce sont des enjeux financiers très importants. Ca peut toujours servir avant une prochaine élection présidentielle, si vous voyez ce que je veux dire, de tenir ainsi les clés et de brasser des milliards d'euros", a dit la présidente PS de la région Poitou-Charentes.

- Arnaud Montebourg: "c'est la destruction par les pratiques du pouvoir de l'esprit républicain et de la République".

Laurent Fabius: "On a besoin de quelqu'un qui soit un très bon juriste, or Monsieur Sarkozy est en deuxième année de droit, c'est quand même déjà un élément très, très fort", a-t-il irnoniquement commenté.

Une pétition lancée sur internet jeudi après-midi par Christophe Grébert, bloggeur et conseiller municipal Modem de Puteaux, demande au fils du président de la République de "renoncer" à ce poste. L'élu revendique 28.000 signatures (dont 8000 signatures étaient visibles lundi sur le site).

La presse étrangère étonnée
Le quotidien britannique The Guardian (gauche) évoque "une autre affaire de népotisme" dans laquelle est "impliquée la dynastie Sarkozy". Le Times rappelle l'ascension "météorique" de Jean Sarkozy, "grandement aidé par l'influence de son père". Sur son blog, le correspondant du journal en France raconte que "le terme de République bananière a été utilisé par un couple d'amis".

Le fait que Nicolas Sarkozy "soutienne son fils pour accéder à un poste prestigieux nous indique que le mode dynastique continue de bien fonctionner et se répand même dans le monde, devenant la norme même dans les prétendues méritocraties occidentales", commente, dans un éditorial, l'agence indienne DNA.

De son côté, le journal italien Corriere della Serra fait sa une sur Sarkozy II le Jeune", s'amuse de la "continuité dynastique" et rappelle que la Défense est "le plus grand centre d'affaires d'Europe".

L'affaire fait également parler d'elle en Chine où la télévision nationale lui a consacré un sujet.


Lire aussi:
>> Jean Sarkozy partout sur Twitter

 
Commentaires - passer au bloc suivant

Publicité

   
   
   

Video

Vidéos disponibles :

   
   

Publicité

   
   

Liens publicitaires

   
   

Voir aussi

Tournoi des VI Nations

Faîtes vos pronostics gratuitement et défiez vos amis !

Ski Challenge 2012

Participez à la meilleure simulation de ski et gagnez les cadeaux mis en jeu !

NOUVEAU Questions Pour Un Champion On Line !

Découvrez la nouvelle version du célèbre jeu en ligne !

Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place!

Jouez au jeu culte sur internet! Gratuit!

   
Informations légales
Logo France Télévisions Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2012 France Télévisions
Devenir annonceur sur nos sites | Mentions légales et crédits | Conditions générales d'achat
France 2.fr, adhérent du Geste, est un site du groupe France Télévisions
Les sites du groupe France Télévisions :