Université PS: la contre-offensive de Mme Aubry

Politique

31/08/2009 | 12:00

Université PS: la contre-offensive de Mme Aubry

- La première secrétaire du PS, Martine Aubry, lors de son discours de clôture à l'université d'été de La Rochelle - France 2 -

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, lors de son discours de clôture à l'université d'été de La Rochelle

© France 2

Pour la première secrétaire du PS, l'université d'été à La Rochelle a été "utile aux Français"

Intervenant en clôture de la manifestation, elle a estimé que les trois jours de la manifestation avaient "été véritablement réussis".

Accueillie par des ovations de militants scandant "socialistes", la patronne du PS a lancé: "la gauche, pour le Parti socialiste, c'est notre histoire et la gauche pour le Parti socialiste, c'est notre avenir".

"J'ai aimé cette université, parce qu'au fond elle a été à l'image de ce que doit être le Parti socialiste: ouvert sur la société, sur la gauche, mais aussi ouvert sur le monde", a dit Mme Aubry. "La source de notre énergie est en nous, dans nos valeurs, mais aussi entre nous. Faisons la promesse ici à la Rochelle de ne pas l'oublier dans les mois qui viennent, jusqu'à 2012", a-t-elle exhorté, vivement applaudie. Pour écouter ce discours axé sur le projet - après le discours sur la rénovation de vendredi - étaient assis au premier rang, notamment, Bertrand  Delanoë, Pierre Mauroy, Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis, Claude  Bartolone, Harlem Désir ou Elisabeth Guigou.

La patronne des socialistes s'est ensuite livré à un tour d'horizon de l'actualité en critiquant à plusieurs reprises le chef de l'Etat.

Elle a annoncé le lancement d'une "grande campagne des socialistes européens" pour imposer une régulation financière, réglementer les bonus et encadrer les rémunérations les plus importantes.

Martine Aubry a également proposé "la mise sous tutelle" des entreprises qui font des bénéfices et licencient. "Un administrateur judiciaire serait nommé pour gérer l'entreprise le temps nécessaire pour faire cesser des pratiques contraires aux intérêts de l'entreprise et de ses salariés", a expliqué la numéro un PS, sous les applaudissements des militants socialistes.

Elle a attaqué la politique anticrise du chef de l'Etat. "M. Sarkozy veut un emprunt utile pour la France, et bien qu'il commence par emprunter les idées de la gauche et des socialistes", a-t-elle dit devant les militants socialistes. "Non seulement nous ne sommes pas sortis de la crise mais nous risquons de nous y enfoncer encore plus car le pouvoir d'achat est reparti à la baisse (...) Plus que jamais, pour les familles, pour notre économie, des mesures de soutien à la consommation s'imposent", a-t-elle estimé.

Martine Aubry a souligné que les 16 millions de ménages modestes non imposables n'avaient pas bénéficié du remboursement des deuxième et troisième tiers de l'impôt sur le revenu mis en place par Nicolas Sarkozy en février dernier. Elle réclame donc pour eux un remboursement de 200 euros de TVA. "Le coût est de 3,2 milliards d'euros, c'est le même montant que la baisse de la TVA dans la restauration qui n'a même pas fait baisser les prix", a-t-elle affirmé. Elle a également demandé le maintien des allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans.

Elle a réaffirmé que son parti allait mener à la rentrée "un grand combat" contre la réforme des collectivités territoriales et le redécoupage électoral. Les conséquences de cette dernière mesure "sont claires": c'est pour aboutir à "une quarantaine de députés socialistes en moins avec le même score" et "51% des voix pour avoir la majorité des sièges", a-t-elle estimé. "La démocratie est bafouée", a-t-elle lancé.

La première secrétaire socialiste s'est prononcé contre la fiscalité écologique à laquelle réfléchit le gouvernement. "Nous voulons la fiscalité écologique, mais nous ne voulons pas de la taxe carbone de l'UMP", a-t-elle insisté. "Je crois qu'on peut dire avec tous nos amis de la gauche que nous proposons une Contribution climat énergie dont le produit doit être utilisé pour faire des compensations sociales", a-t-elle expliqué.

Le débat à gauche
La question des primaires pour désigner le candidat du PS à la présidentielle a dominé les débats de cette université d'été. Un débat qui n'enchante pas les partenaires des socialistes...

"Ce qui m'intéresse, c'est vraiment qu'on parle de quelle réponse à une crise du modèle de civilisation et qui n'est pas une crise de problème d'alliance ou de méthode seulement", a expliqué samedi à La Rochelle la secrétaire nationale des verts, Cécile Duflot. "Le sujet c'est: quelle réponse politique apporter à cette crise globale ?", a-t-elle ajouté.

Pour la secrétaire national des verts, "s'inquiéter uniquement des questions de tactique et de stratégie, c'est ne pas être à la hauteur de l'enjeu et en plus c'est se prendre les pieds dans le tapis parce que du coup, non seulement on s'évite, mais on empêche d'avoir le débat devant les citoyens et les citoyennes". Assurant "ne pas mépriser" pour autant les questions d'alliances et de  méthode, qui sont "aussi quelque chose d'important", elle a fait valoir que c'était des questions "qui viennent après".

Le porte-parole du PCF, Olivier Dartignolles, lui aussi invité à La Rochelle, a critiqué le débat au Parti socialiste sur les primaires et tout rapprochement avec le Modem. "Sarkozy occupe le terrain en cette rentrée", alors que pendant ce temps, "la gauche a d'autres préoccupations et n'arrive toujours pas à se relever", a-t-il lancé
lors d'un débat sur la crise avec d'autres partis de gauche. Il a, par
ailleurs, mis "en garde contre une recomposition politique où un parti de gauche s'allie avec un parti de droite". Un avertissement clair à ceux qui aimeraient flirter avec les amis de François Bayrou...

Pour sa part, le président du Parti radical de gauche (PRG) est d'accord pour participer à des primaires. Mais "s'il s'agit de désigner le candidat socialiste, alors c'est pas la peine de
nous inviter", a affirmé Jean-Michel Baylet.

Le discours de Martine Aubry
La première secrétaire du PS, Martine Aubry, avait donné vendredi après-midi le coup d'envoi de l'université d'été de sa formation en annonçant une convention extraordinaire des statuts du parti avant l'été 2010, et une "consultation militante" le 1er octobre pour "fixer le cap de la rénovation".

Elle a précisé que les primaires auront lieu "sûrement" au premier semestre 2011.

"Alors, eh bien, on va la faire" cette rénovation, "mais elle va être  profonde, de A à Z, de C comme cumul des mandats jusqu'à P comme primaires. On va y aller, allons-y!", a lancé la maire de Lille sous les applaudissements des militants. "Alors aujourd'hui, je vais vous proposer des décisions, une démarche et un calendrier. Je vous propose de tenir une convention nationale extraordinaire de modification de nos statuts avant l'été 2010", a-t-elle ajouté.

Pour Martine Aubry, "la refondation des idées et de notre parti" vont "de pair". "Rien ne nous fera dévier, ni tintamarre, ni injonction, ni yo-yo des sondages". Le projet, assure-t-elle, "a toujours précédé des alliances, c'est incontournable".

Des primaires un an avant la présidentielle
"J'ai entendu beaucoup de positions, souvent convergentes, parfois un peu divergentes, sur ce qu'il fallait faire ou ne pas faire pour rénover notre parti", a ajouté Mme Aubry.

"C'est aux militants de trancher (...). C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de proposer d'organiser une consultation militante le 1er octobre pour que les militants nous fixent le cap de cette rénovation que nous allons travailler ensemble dans ses modalités, pour pouvoir avoir, avant l'été, un parti rénové dans ses structures, dans ses modes de fonctionnement et dans ses modes d'organisation", a-t-elle insisté.

Les militants seront invités le 1er octobre à se prononcer sur des primaires ouvertes pour désigner le candidat à la présidentielle de 2012, une première en France. La primaire aurait lieu au premier semestre 2011, un an avant l'élection présidentielle.

La maire de Lille voit dans des primaires ouvertes une "chance  extraordinaire" pour le parti. Elles peuvent "nous amener à la victoire" et doivent "être une opportunité pour nous, pas un problème entre nous".

Ardent partisan de ce processus de désignation, le député Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation, a aussitôt remercié Mme Aubry pour son "audace" et son "courage" dans le "grand chantier de la rénovation".

Vincent Peillon, animateur du courant "L'espoir à gauche", a jugé que "le PS a bougé". "Je suis très satisfait de cette entrée en matière. J'espère que les choses vont être confirmées, mais j'ai vu Martine Aubry, et l'état d'esprit est de tourner une page et de se remettre en mouvement, donc c'est bien", a-t-il ajouté.

Pour Manuel Valls, "Il y a une direction, un mouvement. Prenons-le. Ne boudons pas notre plaisir", a déclaré le député-maire d'Evry, qui a déjà annoncé sa candidature aux primaires socialistes.

La porte reste ouverte au Modem
Côté alliances, Mme Aubry a lancé que l'antisarkozysme ne suffisait pas "à  bâtir ensemble un avenir", ajoutant que son parti était "ouvert" aux démocrates mais qu'il revenait au président du Modem François Bayrou d'apporter "la clarté".

Les militants consultés sur le non-cumul des mandats
Mme Aubry prévoit de consulter les militants sur le non-cumul des mandats également le 1er octobre. "Mandat unique des parlementaires? ou limiter "le  nombre de mandats exercés simultanément ou successivement?", a-t-elle lancé. L'assistance a clamé "oui" aux deux options.

Elle propose également une charte d'éthique pour garantir le "civisme" et la "solidarité" entre socialistes, voulant faire cesser cacophonie et incartades.

Visite éclair de François Hollande
"Une grosse partie se joue à La Rochelle. Ce n'est pas une université comme les autres. Si on rate notre rentrée, cela veut dire aussi qu'on rate notre année", a, par ailleurs, prévenu Pierre  Moscovici, membre de la direction du PS.

A l'exception de Dominique Strauss-Kahn, privé de réunions socialistes depuis qu'il dirige le Fonds monétaire international (FMI) mais en tête des sondages de popularité, la plupart des ténors du PS assistent aux travaux de La Rochelle.

Reste que la présence de certains se réduit à la portion congrue. L'ex-dirigeant du PS François Hollande, qui a lâché le poste de premier secrétaire en novembre dernier après 11 années à la tête du parti, a quitté La Rochelle sans attendre le discours de Martine Aubry, dimanche matin. "On ne peut pas obliger les socialistes à être heureux ensemble", commentait la semaine dernière l'organisateur de l'université d'été.

Deux de ses proches, l'europarlementaire Stéphane Le Foll et le député Bruno Le Roux, se sont inquiétés des modalités d'une consultation militante, le 1er octobre, proposée la veille par Mme Aubry. "S'il s'agit de demander aux militants s'il faut débattre de primaires ouvertes pour désigner le candidat socialiste à la présidentielle, alors on relancera la machine à claques", ont-ils fait valoir.

De son côté, l'ancien premier ministre, Laurent Fabius, a jugé que "le rassemblement à gauche est absolument indispensable". Une manière de s'opposer à ceux qui, au sein du PS, appellent à une alliance avec les centristes du Modem. 

Sondages contradictoires
Plus de la moitié (53%) des sympathisants du Parti socialiste interrogés s'affirment "plutôt mécontents" de sa première secrétaire Martine Aubry, selon un sondage réalisé par l'Ifop avant La Rochelle à paraître dimanche dans le quotidien régional Sud Ouest.

Seuls 41 % des sondés se sont dits "plutôt satisfaits" du "leadership" de la maire de Lille et 6 % ne se sont pas prononcés, indique cette enquête réalisée avant son discours vendredi à l'ouverture de l'université d'été du PS.

Sur l'ensemble des Français, seuls 29 % des sondés se déclarent plutôt satisfaits, contre 55 % plutôt mécontents de l'action de la maire de Lille à la tête du parti, 16 % ne se prononçant pas.

Selon une autre enquête CSA parue samedi dans Le Parisien, 50 % des personnes interogées juge "possible" qu'un candidat de gauche batte Nicolas Sarkozy en 2012. 36 % sont d'un avis contraire.

A lire aussi :
>> Martine Aubry reprend la main sur les "primaires"
>> Ségolène Royal contre la taxe carbone

 
Rénovation: le calendrier

- 12 septembre 2009: Conseil national pour préparer la consultation  militante

- 1er octobre 2009: "consultation militante pour que les militants nous fixent le cap de cette rénovation", sur cinq "champs": non-cumul des mandats,  primaires ouvertes, "parité, diversité et renouvellement générationnel",  réformes statutaires et règles d'éthique.

- avant l'été 2010: convention nationale extraordinaire pour modifier les  statuts qui stipulent actuellement que le candidat aux présidentielles est  désigné par les seuls militants du PS

- premier semestre 2011: choix du candidat aux primaires

Commentaires - passer au bloc suivant
Sommaire de l'article - passer au bloc suivant
   

Sommaire de l'article

   

Publicité

   
   
   

Video

Vidéos disponibles :

   
   

Publicité

   
   

Liens publicitaires

   
   

Voir aussi

Tournoi des VI Nations

Faîtes vos pronostics gratuitement et défiez vos amis !

Ski Challenge 2012

Participez à la meilleure simulation de ski et gagnez les cadeaux mis en jeu !

NOUVEAU Questions Pour Un Champion On Line !

Découvrez la nouvelle version du célèbre jeu en ligne !

Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place!

Jouez au jeu culte sur internet! Gratuit!

   
Informations légales
Logo France Télévisions Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2012 France Télévisions
Devenir annonceur sur nos sites | Mentions légales et crédits | Conditions générales d'achat
France 2.fr, adhérent du Geste, est un site du groupe France Télévisions
Les sites du groupe France Télévisions :