Vincent Peillon, eurodéputé socialiste.
AFP/JEAN-PIERRE MULLER"Je n'ai jamais vu ça et je ne démissionnerais pas", a dit vendredi sur RTL la directrice de l'information de France Télévisions, qui présentait "A vous de juger" émission à laquelle l'eurodéputé (PS)n'a pas voulu participer.
M. Peillon a "privé les Français d'un débat entre un représentant de l'opposition et Eric Besson", a regretté Mme Chabot.
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"Je ne trouve pas très bien qu'il ait choisi d'annoncer après le début de l'émission son refus d'y participer pour nous empêcher d'inviter quelqu'un d'autre (...). Ca n'est pas bon pour la démocratie", a déploré Mme Chabot , à qui la direction du groupe public a réaffirmé son "entière confiance".
En se décommandant au dernier moment d'un débat sur l'identité nationale organisé par l'équipe d'A vous de juger", émission politique sur France 2, l'eurodéputé socialiste dit avoir préparé son coup. Il a affirmé vendredi avoir pris sa décision "depuis longtemps" pour "faire un incident".
Martine Aubry était "informée"
La première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a déclaré vendredi qu'elle soutenait "pleinement" la décision de Vincent Peillon de ne pas participer à ce débat jeudi soir, reconnaissant qu'elle en avait été informée. "Il m'a prévenu de sa décision et je la soutiens pleinement", a dit la maire de Lille à des journalistes, en marge de ses voeux à la presse régionale.
Alors que l'émission avait déjà commencée, l'eurodéputé socialiste a prévenu qu'il n'y participerait pas. "J'avais pris ma décision depuis plusieurs jours. C'était préparé avec quelques-uns. Je voulais qu'il y ait un incident. Il fallait que ça fasse un peu scandale", a déclaré M. Peillon au site internet Rue89.
"Je crois que si on n'attire pas fortement l'attention sur les choses, les choses ne se font pas. Si j'avais annoncé plus tôt ma décision que j'avais prise depuis longtemps, alors on aurait peut-être trouvé un remplaçant, il y en a toujours un pour venir à la télévision, et on aurait refait l'émission autrement", a aussi expliqué M. Peillon sur RMC.
"Donc je pense qu'il fallait procéder comme ça et je n'y ai pas réfléchi seul, il y a des moments où il faut trouver des moyens de se faire entendre et des moyens d'entrer en résistance, je pense qu'on en est là", a-t-il ajouté.
Le FN dénonce des "méthodes scandaleuses"
La vice-présidente du Front national Marine Le Pen a dénoncé vendredi "des méthodes scandaleuses" à propos de cette absence. Invité de Sud Radio, Jean-Marie Le Pen a vu lui un "faux prétexte" dans le faux bond de Vincent Peillon. Selon le président du FN, l'élu socialiste "ne voulait peut-être pas discuter avec le traître (Besson, ndlr)". Eric Besson avait quitté le Parti socialiste en 2007 au moment de la campagne présidentielle.
Vincent Peillon a dénoncé aussi dans les modalités d'organisation de l'émission une "dérive" "indigne et inacceptable". Il disait déplorer qu'en dépit du faible intérêt des Français pour ce débat, la direction de France 2 n'ait "pas trouvé mieux, en cette rentrée 2010, que de consacrer la seule émission politique de début de soirée à Eric Besson et de le faire dialoguer avec Marine Le Pen", vice-présidente du FN.
"Pour habiller le tout, on m'a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d'abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée", a argumenté Vincent Peillon.
Arlette Chabot a expliqué que Vincent Peillon était tout à fait au courant des modalités de l'émission et qu'il devait participer, en deuxième partie d'émission, à ce débat avec le ministre de l'Immigration Eric Besson et la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen.
La directrice générale adjointe de l'information de France Télévisions a déploré sur le plateau ce "coup d'éclat regrettable" et expliqué que l'émission avait été préparée "dans la plus grande transparence". Elle a indiqué qu'elle avait encore eu Vincent Peillon au téléphone le jour même.
La rédactrice en chef d'"A vous de juger", Nathalie Saint-Cricq, a qualifié de "méthode de voyou" ce retrait in extremis. Elle a exprimé son "immense étonnement qu'il (M. Peillon) n'ait pas pris la peine de nous téléphoner, alors même qu'Arlette Chabot lui a longuement parlé à la mi-journée".
Mme Saint-Cricq a précisé avoir contacté l'eurodéputé dès décembre. "Il connaît depuis le début les conditions du débat, le conducteur, la durée de tous les intervenants", a-t-elle expliqué. "C'est lui qui a choisi de passer en deuxième partie de soirée", a-t-elle poursuivi, donnant sa "parole d'honneur". "Il avait le choix entre le début et la fin de cette émission".
Eric Besson et Marine Le Pen : débat animé
Les échanges ont été vifs entre le ministre de l'Immigration et la vice-présidente du FN, sur le plateau. Eric Besson a qualifié Marine Le Pen de "dinosaure de la politique". "Vous utilisez le mensonge, des méthodes qui devraient avoir disparu d'une démocratie moderne", lui a-t-il dit, tandis qu'elle l'accusait de "régler des petits comptes minables" quand il a évoqué l'absentéisme de l'eurodéputée au Parlement européen.


