René J.
Je profite de l’opportunité qui m’est offerte de m’adresser à vous pour
vous faire part d’une réflexion suite au journal de télé-matin d’aujourd’hui et
dont une des rubriques concernait la façon d’expliquer aux enfants les images
répétitives de catastrophes dans les reportages concernant le Japon.Tout à fait en accord avec l’idée qu’il faut leur expliquer que le fait de voir
sans arrêt les mêmes images d’une même catastrophe ne veut pas dire que celle –
ci se produit plusieurs fois. C’est du simple bon sens.
Mais pour être complètement honnête et informatif, il va falloir expliquer, aux
adultes cette fois-ci, pourquoi la télévision insiste tant, avec un voyeurisme
qui frise l’écœurement, pour nous les montrer et remontrer plusieurs fois par
jour et sur toutes les chaines et en insistant lourdement sur le coté
émotionnel, les malheurs endurés par les personnes concernées.
Il faudra aussi, me semble-t-il, leur expliquer pourquoi la télévision parle
essentiellement des malheurs du monde en présentant chaque jour dans ses
journaux d’information plus de 90% d’informations négatives à caractère
anxiogène, nous donnant ainsi une image du monde très catastrophiste qui ne
correspond pas à la réalité. Leur expliquer également pourquoi les grilles de programmes des émissions de
télévision regorgent, comme aujourd’hui, d’une majorité de fictions
basées sur le crime, la violence et les cotés humains les plus sordides,
renforçant ainsi le négatif dans les consciences des téléspectateurs.
Du coup, il va vous falloir aussi leur expliquer combien cette politique de la
peur est bénéfique à l’audimat et donc aux profits publicitaires qui en
découlent et pourquoi le spectacle permanent du malheur peut inciter chacun à
revenir devant le petit écran chercher sa dose d’adrénaline et de voyeurisme.
Et pour compléter cette information et dans un souci d’honnêteté, les informer
que d’une manière générale, les médias, qui prétendent faire de l’information,
ont en réalité comme premier objectif de nous vendre de l’émotion et qu’elles
sont, avant toute autre considération, des entreprises commerciales.
Désolé si ce courrier vous choque par son contenu, mais je voulais vous
informer une fois encore ( ce n’est pas mon 1er courrier sur le sujet ) que je
ne suis pas dupe des enjeux et des motivations d’un média télévisuel dont je
suis un spectateur attentif.